Bien Informé.r n°1
Comment trouver un bon sujet journalistique ? 7 outils pour trouver de meilleures idées.
Vous êtes sur Bien Informé.r, la newsletter issue de mon podcast pour les nouveaux créateurs de l’info. Ici, je compile les astuces, conseils et techniques pour raconter le réel. Journaliste, réalisateur, créateur ou curieux, vous êtes au bon endroit. ☺️
Aie. La première édition de cette newsletter commence fort : trouver un sujet, c’est vraiment pas facile.
Et pourtant,
c’est ce qui différencie les articles dont on se rappelle et ceux qui glissent,
les documentaires qui nous marquent et ceux qui tombent dans l’oubli.
Bref vous l’avez compris, dans cette newsletter on va parler du nerf de la guerre journalistique, de la pierre angulaire de toute carrière réussie, du coeur battant du documentariste … on va aborder le choix du sujet et de l’angle. ✨
Cette édition s’appuie sur les conseils donnés par 2 spécialistes interviewés dans mon podcast :
Loris Colantuono : stratège & storyteller. Trouver des idées & des angles pertinents, c’est son métier. Il fait ça avec talent depuis plus de 9 ans et il a plein de conseils à donner. Écouter l’épisode avec Loris.
Justine Reix : journaliste, primée Albert Londres. Elle a travaillé pour Le Monde, Arte, Vice, France 2, Hudo Decrypte, Charles Villa … Elle a un carnet rempli de sujets à traiter ! Ecouter l’épisode avec Justine.
7 outils pour trouver de meilleurs sujets/angles
Mes deux astuces préférées sont la 5 et la 6, alors je vous conseille de lire jusqu’à la fin. ;)
#1 Ecouter les gens
Oui, c’est bateau, je sais.
Mais finalement, c’est peut-être le seul conseil qu’il faut retenir.
On vit chacun dans nos propres réalités, avec nos croyances, nos cercles sociaux et notre quotidien. Faire l’effort de cultiver ses amitiés en dehors de ses cercles proches et regarder ailleurs que chez soi, c’est finalement ça le vrai travail journalistique.
Posez-vous des questions : Qu’est ce qui intéresse les gens ? Qu’est ce que ces personnes ont vécu ? Pourquoi elles ont vécu ça ? Qu’est ce qu’elles ont ressenti ?
La personne la plus “banale” en apparence a sûrement des millions de choses à dire.
(si vous n’êtes pas convaincu, allez voir “La vraie vie d’un vieux con”, un reportage de Benoit Lecorre qui a fait +de 600k vues, je pense que c’est la vidéo qui illustre le mieux mon propos)
#2 Fouiller les archives (PQR & PQN)
Pour trouver la petite histoire qui fera trembler tout internet, la presse quotidienne régionale (PQR) et la presse quotidienne nationale (PQN) sont vos meilleurs amis.
C’est ce que Justine m’a révélé quand je lui ai demandé comment elle écrivait les Thread horror pour Squeezie.
Exemples PQN : Le monde, libération, Figaro ..
Exemples PQR : La voix du Nord, le Parisien, Sud-Ouest ..
Les grosses affaires nationales et internationales font du bruit, mais les petites histoires locales beaucoup moins. Pourtant, elles sont parfois plus folles.
Il faut juste les trouver.
Pour ça, armez-vous de patience, et plongez dans les archives.
(oubliez chat gpt, les abonnements aux journaux sont souvent payants, le bot ne pourra pas scroller, vous êtes condamnés à lire à la mano)
#3 Pratiquer la lecture rapide
Je viens de vous le dire, chat GPT n’est pas la solution pour éplucher la presse.
Vous n’avez pas le choix, il faut lire.
Mais impossible de tout lire.
Alors le hack c’est de pratiquer la lecture rapide : repérer des groupes de mots, se concentrer sur les idées principales et repérer la petite ligne ou l’idée qui va titiller votre curiosité en quelques minutes.
En gros, lire plus vite tout en gardant un bon niveau de compréhension.
C’est de cette manière que Justine a parcouru l’intégralité du rapport annuel de TikTok et en a tiré le sujet qui lui a valu le prix Albert Londres.
#4 Toujours chercher à être différent
Encore un conseil bateau ?
Mais est-ce que vous vous posez vraiment la question :
“Qu’est-ce que j’apporte de différent ?” lorsque vous écrivez votre sujet ?
Si ce n’est pas le cas, ce point mérite d’être là.
Et si vous vous posez la question … et que la réponse est “rien”,
alors recommencez. :)
N’apportez pas rien.
#5 Utiliser des modèles mentaux
Ça c’est ma découverte de l’année.
J’ADORE.
Les modèles mentaux permettent de questionner son sujet pour rapidement aller plus loin et penser différemment.
Utilisez-les comme une boîte à outils : prenez en un, voyez s’il peut s’appliquer à votre sujet et en fonction du résultat, prenez en un autre.
Concrètement, Loris en a évoqués plusieurs, je vous partage mes deux préférés :
1. La pensée de second ordre (de Howard Marks)
On a souvent tendance à s’arrêter à la première conséquence d’un sujet.
Celle qui est prévisible.
Ce modèle mental propose de tirer le fil jusqu’au bout et de regarder les conséquences des conséquences.
Celles qui sont imprévisibles,
qui deviendront, plus tard, des opportunités ou des crises.
Par exemple :
L’IA va exploser dans les années à venir.
Ok, certains jobs vont disparaître.
Mais alors, qu’est-ce que ça entraîne ?
Les gens auront moins d’argent à dépenser.
Ce qui pourrait pousser vers… un revenu universel ?
Ou au contraire, une nouvelle crise économique ?
Et surtout, qui a déjà réfléchi à tout ça ?
Ce modèle pourrait se résumer ainsi : aller plus loin.
Demandez-vous toujours “Et ensuite, qu’est ce qui se passe ?”
2. Culture rigide et culture souple (de Michèle Gelfand)
Ce modèle considère que chaque sujet est rigide ou souple.
Il propose d’imaginer comment le traiter avec la culture opposée.
Par exemple :
La finance = rigide. L’amour = souple.
Et si on essayait… de faire rire en parlant de finance ?
Ou de traiter le sujet de l’amour avec des chiffres de manière rigoureuse ?
Ces deux modèles changent complètement votre manière de réfléchir.
Même si ça ne fonctionne pas avec votre sujet, ils obligent à penser différemment. Et c’est ça qu’on cherche non ? 😉
J’ai une bonne nouvelle, il en existe plein d’autres : La contrainte, le pendule culturel, la stratégie des frontières …
Si le sujet vous intéresse, Loris en parle bien mieux que moi dans sa newsletter.
#6 Faire des hypothèses
Des idées il y en a partout. Il suffit juste de les voir.
Faites des connexions. N’ayez pas peur de faire des hypothèses (même si elles s’avèrent fausses).
C’est une méthode beaucoup utilisée par Justine :
Partir d’un fait : Au moyen âge les personnes épileptique étaient considérées comme “habitées par les diables”. Elles étaient mal-traitées.
Faire une hypothèse : Il y a encore des pratiques douteuse aujourd’hui.
Vérifier & décider si elle traite le sujet (spoiler, ici, c’était non)
Vous ne savez pas ?
Supposez d’abord puis allez chercher l’information ensuite.
#7 Laissez votre inconscient travailler
Impossible d’être performant en permanence.
Le secret ? Alterner des phases de saturation du sujet puis des phases libres.
Durant les phases de saturation, il faut creuser au maximum votre sujet, lire au maximum, discuter avec un maximum de personnes jusqu’à avoir l’impression de ne plus apprendre.
Les phases libres sont un moment où vous laissez votre cerveau divaguer : une balade, de la méditation, un run, contempler la nature, qu’importe. Ennuyez-vous. Ne pensez plus à votre sujet.
C’est là où la magie opère. ✨
Votre inconscient crée des liens dans votre cerveau. Il fabrique de nouvelles connexions qui mènent à de belles idées et un regard novateur.
Ce n’est pas pour rien que les meilleures idées arrivent sous la douche ou en marchant.
Faites confiance à votre inconscient.
Vous en voulez plus ?
Max Laulom (un réalisateur que j’adore) a donné plusieurs interviews sur son process créatif. Il parle notamment de son dernier documentaire qui l’a fait exploser “High school radical” disponible sur Arte, il aborde ses choix créatifs, dévoile où il a trouvé son inspiration et comment lui est venu ce sujet. Ce qui m’a surprise ? Il confie beaucoup consommer des vidéos Youtube mais puiser son inspiration ailleurs : dans la musique, la littérature, le cinéma. C’est comme ça qu’il réussi à avoir une patte bien à lui : authentique et low-prod.
💡 Le conseil en + à retenir : Puisez votre inspiration partout. Pas seulement dans votre domaine. Empruntez des codes à vos artistes ou sportifs préférés, laissez-vous guider par ce qui vous plaît et voyez comment vous pouvez l’adapter à votre projet.
⛓️💥 Source : La newsletter Komando de Kéliane Martenon + La newsletter Publisher de Harold Grand
Bisous les créateurs ❤️🔥
Hésitez pas à me faire un retour si cette édition vous a plu.
Je lis tout. Et je réponds à tout !
PS : C’est drôle d’écrire ça alors que vous êtes 10 à lire aujourd’hui. Mais qui sait … demain vous serez peut être 100 et après demain 1000. 🤯🫣
Ça serait chouette. Ça voudrait dire qu’on est plein à vouloir créer.
Et que ce que j’écris ici vous est un peu utile.



